Gestion de la forêt
Etre propriétaire forestier c’est bien sûr posséder une forêt mais c’est
aussi la gérer.
Les différents modes de gestion
Le propriétaire peut s’occuper lui même de son exploitation ou transférer
la gestion à des professionnels, experts forestiers, coopératives forestières
ou techniciens forestiers indépendants.
Gestion par le propriétaire
Le propriétaire forestier qui gère lui même sa forêt doit avoir de solides
compétences en :
Sylviculture
Connaissances en botanique, conduite de la sylviculture, planification
des travaux d’infrastructures (pistes, aires de débardage), gestion des
coupes, entretien et jardinage de la forêt…
Législation
Droits et devoirs du propriétaire, code civil, code rural, code de l’environnement,
règlementations diverses, établissement d’un Plan Simple de Gestion...
Fiscalité
Notion de revenu cadastral, impôt foncier, impôt sur le revenu, ISF, TVA,
droits de mutation, plus value de cession…
Vente des bois
Cubage, choix de l’acheteur, négociation, prix de vente…
Cynégétique
Plan de chasse, sylviculture tournée vers la protection et l’alimentation
du gibier…
Gestion par un expert forestier
Homme de l’art, l’expert forestier peut prendre en charge entièrement ou
partiellement la gestion d’une forêt.
ll peut s’occuper de la rédaction du plan simple de gestion, de l’établissement
de la cartographie de votre forêt. Il peut établir un mode de sylviculture
adapté à la station, programmer les coupes, l’entretien, le jardinage,
l’élagage, les travaux. Il peut demander les subventions à l’état pour
la réalisation des travaux d’infrastructure, il peut également procéder
à la vente du bois.
Certains experts forestiers se regroupent en association afin de garantir
à leurs clients des ventes groupées aux meilleurs prix en accrochant des
marchés spécifiques.
Gestion par une coopérative forestière
Les coopératives forestières, tout comme les experts forestiers, peuvent
prendre en main la gestion de votre forêt.
Là aussi la force d’une coopérative est d’effectuer des ventes groupées
avec de gros volumes ce qui permet d’accrocher des marchés spécifiques
difficilement accessibles aux propriétaires forestiers individuels.
Un autre avantage, comme dans toutes coopératives est la mise en commun
de moyens matériels, administratifs et logistiques…
En résumé, le mode de gestion est propre à chacun selon ses connaissances,
ses disponibilités et ses besoins.
Les organismes d’aide à la gestion
Des organismes ont été créés pour aider le propriétaire forestier privé
dans la gestion de sa forêt.
Le CRPF
Le Centre Régional de la Propriété Forestière est un établissement public
administré par des propriétaires forestiers élus et des élus de l’aménagement
du territoire. Son objectif est l’accompagnement des propriétaires forestiers
privés dans leurs démarches de gestion durable.
Le CRPF donne aux propriétaires forestiers des conseils de gestion et de
sylviculture adaptés à leurs forêts, des conseils juridiques et fiscaux.
Il anime des réunions publiques d’information, il participe à la vulgarisation
des techniques forestières, à l’édition de revues et de documents, à la
mise en place du schéma régional de gestion sylvicole, à l’agrément des
PSG, au soutien au FOGEFOR par sa participation aux formations…
Le FOGEFOR, Formation à la Gestion Forestière
Il s’adresse à tous les propriétaires de parcelles boisées, même modestes.
Il a été créé dès 1983, à l’initiative des organismes de la forêt privée
et des partenaires agricoles. Cet organisme de formation a pour objectif,
pour un faible coût de former les propriétaires privés à la gestion forestière,
à la sylviculture, à la fiscalité, aux règlementations applicables à la
forêt, à l’élaboration du plan simple de gestion, aux techniques de la
vente de bois, au plan de chasse, au bûcheronnage…
Le FOGEFOR est présent dans chaque région de France.
Le Syndicat des Sylviculteurs
C’est un syndicat dont l’objectif prioritaire est la défense des propriétaires
forestiers au niveau départemental, régional et national.
Il propose à ses adhérents une assurance « responsabilité civile »
de propriétaire sylviculteur.
Le Syndicat des Sylviculteurs est présent dans chaque région de France.
La politique forestière
En France, la politique forestière relève de
la compétence de l'Etat
qui en assure la cohérence nationale. La Loi d'Orientation sur la Forêt
du 9 juillet 2001 décline cette politique forestière en insistant sur les
notions de gestion durable et multifonctionnelle (prise en compte des fonctions
économiques, environnementales et sociales). Au niveau des régions,
la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt et le Centre Régional
de la Propriété Forestière ont en charge la mise en place des documents
de gestion durable. Ces documents tels le plan simple de gestion, le code
de bonnes pratiques sylvicoles, le règlement type de gestion s’appuient
sur un document cadre, le Schéma Régional de Gestion Sylvicole.
Les documents de gestion durable sont obligatoires :
- en fonction de la surface exploitée.
- pour ouvrir droit à certains
avantages fiscaux.
Le Schéma Régional de Gestion Sylvicole ou SRGS
Le SRGS décrit les caractéristiques de la forêt et de la filière bois régionale,
les grandes régions forestières et les principaux types de peuplements.
Il reprend les enjeux définis dans les Orientations Régionales Forestières
et les traduit en terme de recommandations, au regard de la gestion durable,
pour la mise en œuvre de la sylviculture des forêts privées.
A ce titre, il constitue un document de référence pour l’examen et l’agrément
des documents de gestion durable.
Un document de gestion durable : Le Plan Simple de Gestion
Il a pour objectif de garantir
une gestion durable
de la forêt en évitant les coupes anarchiques et dommageables pour le milieu.
Le PSG et un outil qui permet de :
- Mieux connaître ses bois par un inventaire précis et détaillé des
peuplements,
- Rationnaliser la gestion en programmant les coupes, les travaux
sylvicoles et d’infrastructure,
- Connaître la gestion antérieure pour
les successeurs,
- Ouvrir droit à certains avantages fiscaux (amendement
Monichon).
C’est un document de gestion durable, obligatoire pour :
- les forêts privées de plus de 25 ha d'un seul tenant (les planchers des
surfaces sont différents suivant les régions).
- les forêts de plus de 10
ha d'un seul tenant dont le propriétaire souhaite bénéficier d'une aide
publique (aides à la réalisation d'opérations sylvicoles par exemple).
Ce document est établi par le propriétaire ou son mandataire pour
une période laissée libre avec un minimum de 10 ans et un maximum de 20
ans. Il a un caractère personnel, ce qui signifie qu’il ne peut pas être
imposé au nouveau propriétaire. Mais ce dernier est tenu d’en présenter
un, si sa forêt entre dans le champ d’application de la loi.
Si une forêt n’est pas dotée d’un PSG, l’acquéreur doit en faire
agréer un dans un délai de 5 ans à compter de la date de mutation.
Les autres documents de gestion durable
Code de Bonnes Pratiques Sylvicoles, CBPS
C’est un document destiné aux
propriétés de moins de 25 ha. Il
contient des recommandations essentielles, conformes à une gestion durable.
C’est une procédure moins lourde que le PSG. L’engagement est de 10 ans
et ouvre droit à certains avantages fiscaux (DEFI travaux, DEFI acquisition).
Règlement Type de Gestion, RTG
Le RTG est un document cadre des coopératives et des experts forestiers.
Il doit être approuvé par les CRPF.
Pour que sa forêt soit considérée comme présentant une garantie de gestion
durable, le propriétaire doit s’engager à ce que son bien soit géré pendant
10 ans conformément à un RTG.